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Es-tu seul? As-tu froid ? sais-tu jusqu’à quel point l’homme est « toi-même »? imbécile? et nu?

Madame Edwarda è per me senza dubbio il capolavoro di Georges Bataille.

Molto più conosciuto per l’Histoire de l’oeil (1928) o per L’Anus solaire (1931), Bataille sviluppa qui un vero e proprio sintetico romanzo di formazione (inteso come percorso dell’uomo verso la scoperta del significato). Attraverso il confronto serrato del protagonista con la prostituta, Madame Edwarda appunto, l’uomo viene risucchiato attraverso il sesso in e contemporaneamente al di fuori di se stesso. Degradandosi, distruggendosi di fronte alla libertà purissima di Madame Edwarda, il protagonista si annulla di fronte a questa donna in cui si agita, prendendo in prestito una bella espressione di Platonov, “l’energia elettromagnetica del sole”.

Pietrificato e affascinato, il protagonista viene trascinato:

De mon hébétude, une voix, trop humaine, me tira. La voix de Mme Edwarda, comme son corps gracile, était obscène :
— Tu veux voir mes guenilles ? disait-elle.
Les deux mains agrippées à la table, je me tournai vers elle. Assise, elle maintenait haute une jambe écartée : pour mieux ouvrir la fente, elle achevait de tirer la peau des deux mains. Ainsi les « guenilles » d’Edwarda me regardaient, velues et roses, pleines de vie comme une pieuvre répugnante. Je balbutiai doucement :
— Pourquoi fais-tu cela ?
— Tu vois, dit-elle, je suis DIEU…
— Je suis fou…
— Mais non, tu dois regarder : regarde !

Sa voix rauque s’adoucit, elle se fit presque enfantine pour me dire avec lassitude, avec le sourire infini de l’abandon : « Comme j’ai joui ! »

E, seguendo la donna nella caduta di una notte parigina, arriva a concludere che nessun significato sia ricavabile dall’esperienza fuorché il suo supplizio e che:

Le reste est ironie, longue attente de la mort.

Georges Bataille, Madame Edwarda, 10/18 2002

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